PhD

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Thèse de Doctorat

Titre : La mise en ordre écologique des parcs urbains : savoirs, pratiques et paysages (Exemple d’un grand parc francilien)

Thèse soutenue le 14/09/2015, préparée sous la direction d’Anne-Caroline Prévot (CESCO) et Anne Sourdril (LADYSS). Ecole doctorale 227 « Sciences de la nature et de l’homme ».

Obtenue avec mention très honorable et félicitations du jury.

 Composition du jury :

Mme Catherine Larrère, Professeur, Université Paris 1, rapporteur

M. Raphaël Mathevet, Directeur de recherche, CNRS, CEFE Montpellier, rapporteur

Mme Frédérique Chlous, Professeur, Muséum national d’Histoire naturelle, examinateur,  présidente

Mme Véronique Professeur, Université de Liège, examinateur

Mme Anne-Caroline Prévot, Directrice de Recherche, CNRS, Muséum national d’Histoire naturelle, directrice de thèse,

Mme Anne Sourdril, Chargée de recherche, CNRS, Université Paris 10, co-directrice de thèse

Résumé :

En France, l’intérêt des collectivités locales pour la gestion écologique des parcs et jardins s’est structuré dans les années 1980. Cela conduit à la création d’un nouveau modèle paysager, qui traduit la rencontre, dans les territoires urbains, de deux dynamiques, la transformation de l’aménagement urbain sous le regard des sciences biologiques, et celle de l’élargissement du spectre de la conservation de la nature à l’aune de la biodiversité urbaine. L’objectif de cette thèse a été d’analyser les rapports entre pratiques locales, construction des savoirs et production du paysage, autour de la tentative d’une collectivité locale de faire cohabiter dans un même espace loisirs urbains et conservation de la biodiversité. Cette réflexion s’appuie sur une étude de cas en Seine-Saint-Denis, où c’est sous le terme de « gestion harmonique » que le Conseil général a affiché son intérêt pour la biodiversité urbaine. Ce modèle a formé le point focal d’une enquête ethnographique centrée sur un parc d’environ 400 hectares construit dans les années 1960, dont la gestion a changé suite à un conflit autour de la préservation d’un étang. Celui-ci accueille aujourd’hui 2 millions de visiteurs par an. L’intérêt les acteurs naturalistes locaux pour les espèces rares d’oiseaux et d’amphibiens qu’il abrite, lui vaut finalement d’être désigné comme site Natura 2000.

L’histoire de la construction du parc est étroitement liée à l’influence de l’idéologie hygiéniste sur l’aménagement de la banlieue de Paris. La redéfinition de l’action publique et son appropriation de la question de la biodiversité comme objectif de gestion constitue un tournant par rapport à cette historie, au travers d’un remplacement du modèle paysager institutionnel des espaces verts par un nouveau modèle institutionnel, celui de l’espace naturel urbain, dont la gestion emprunte à l’horticulture et à la restauration écologique. La redéfinition du statut des lieux se traduit par des modes de sélections nouveaux des savoirs et des pratiques légitimes, à l’aune de l’écologie scientifique. La rationalisation de l’action publique en faveur de la biodiversité s’accompagne de déplacements des contraintes qui pèsent sur les pratiques citadines, et produisent de nouveaux dispositifs de surveillance qui restent néanmoins toujours lacunaires.

PhD Thesis

Title : Ecological ordering of urban parks : Knowledge, practices, landscapes

Phd defense,  2015 september 14th. With high honors and congratulations; National museum for natural History, Paris.

Jury : C.Larrère, Pr, Univ. Paris 1 ;  R.Mathevet, DR CNRS, CEFE Montpellier ; F. Chlous, Pr, MNHN, V.Servais. Pr Univ.Liège ; AC. Prévot, DR CNRS, MNHN; A. Sourdril, CR. CNRS, Univ. Paris 10

Summary : In France, local public authorities have taken a growing interest in ecological landscape management of urban parks and gardens since the 1980’s. It results in the emergence of a new landscape model that embodies the encounter between two tendencies in urban territories. First, the growing influence of biological sciences on urban planning through the “urban ecology” political horizon. Second, the enlargement of nature conservation policies, that starts to include ordinary nature and urban biodiversity. The aim of this PhD was to analyse the relations between local practices, knowledge construction and landscape production, implied by the attempt of a local public authority to reconcile urban leisure and biodiversity conservation in the same place without segregation. This work was based on an ethnographic study in the Seine-Saint-Denis district near Paris, where a local model was created to express this idea, the “harmonious management” model. It emerged after a conflict about the preservation of a marsh in a large park built in the 1960’s. Today the 400 ha of the park welcome more than 2 million visitors per year. The fact that the park shelters rare birds and amphibian species, pointed at local associations, has led to the integration of this place to a Natura 2000 site. The park history is closely linked to the influence of the hygienist ideology on the urbanisation of Paris region. In contrast with this history, the redefinition of the environmental public action is associated to the implication of local public authorities in considering biodiversity as a management objective. It leads to the creation a new institutional landscape model, which management is at the confluence between horticulture and ecosystem restoration. This redefinition goes along with the reconfiguration of knowledge and practices legitimacies, where scientific approaches gain influence. The rationalisation of public action toward biodiversity conservation also goes along with the production of new constraints for city-dweller practices, and surveillance devices, which are nonetheless never complete.

 Key-words: environmental anthropology, biodiversity, public action, ecological landscape design, urban parks, landscape, knowledge, urban ecology

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